Le jeûne de Shawwal

RAMADAN.. The month of devotion par TaMiMi Q8

Le jeûne de six jours de Shawwal après le jeûne obligatoire de Ramadan est une sunna désirable mais pas une obligation. Recommandé, ce jeûne possède un mérite immense et génère une grande récompense dans la mesure où celui qui le jeûne verra inscrit à son profit la récompense du jeûne d’une année entière d’après un hadith authentique du Prophète rapporté par Abou Ayyoub selon lequel le Messager d’Allah (sallallahou alehi wa salam) a dit :

« Quiconque jeûne le Ramadan et le fait suivre par le jeûne de six jours de Shawwal est comme quelqu’un qui a jeûné tout le temps » (Rapporté par Mouslim, Abou Dawoud, at-Tarmidhi, An-Nassaï et Ibn Madja).

Le Prophète (sallallahou alehi wa salam) a expliqué le hadith précédent en ces termes :

« Celui qui jeûne six jours après la rupture du jeûne de Ramadan a complété l’année : « Quiconque accomplit un bienfait le verra multiplier par dix ».

Une autre version dit :

« Allah multiplie les bienfaits par dix : 1 mois = 10 mois et 6 jours = 60 jours [2 mois] = 12 mois. Voilà une année complète » [rapporté par an-Nassaï et Ibn Madia et cité dans Sahih at-Targhib wa at-Tarhib; 1/421 et rapporté par Ibn Khouzayma en ces termes ] :

« Le jeûne du mois de Ramadan vaut 10 mois et le jeûne des six jours 2 mois, ce qui constitue une année complète ».

Des jurisconsultes des écoles hanbalites et shafiites ont déclaré que le jeûne des six jours à l’issue de Ramadan vaut une année de jeûne obligatoire. Pour ce qui est de la multiplication de la récompense, elle est généralisée et s’applique à tout jeûne surérogatoire. En effet, le bienfait est récompensé au décuple.

Parmi les importants avantages du jeûne des six jours de Shawwal figure la compensation des lacunes du jeûne obligatoire. En effet, le jeûneur ne peut pas échapper à la négligence et au péché qui pourraient avoir une incidence négative sur son jeûne. Au jour de la Résurrection, on utilisera les actions surérogatoires pour combler les lacunes constatées dans les pratiques obligatoires. C’est à ce propos que le Prophète (sallallahou alehi wa salam) dit :

« La première chose au sujet de laquelle on fera subir un règlement de compte aux gens sera la prière… Notre Maître Puissant et Majestueux dira à Ses anges – alors qu’Il en sait plus qu’eux – : « Examinez les prières de mes serviteurs pour savoir s’il les a faites de façon complète ou incomplète ». Si elles s’avèrent complètes, elles seront enregistrées telles quelle. Si elles s’avèrent incomplètes, le Maître dira : « Regardez si mon serviteur a accompli des oeuvres surérogatoires. Si tel est le cas, utilisez-les pour compléter ses oeuvres obligatoires ». Voilà comment les oeuvres seront traitées ». [Rapporté par Abou Dawoud].


La succession des jours est-elle nécessaire dans le jeûne des six jours de Shawwal

La succession des jours n’est pas une condition de validité du jeûne.

Peu importe qu’on les jeûne réunis ou dispersés.
Il est toutefois préférable de s’empresser à le faire conformément aux propos du Très Haut :

Empressez-vous à la bienfaisance

Empressez-vous à chercher le pardon de votre Maître

Et Moussa a dit : Maître, je me suis dépêché auprès de Toi pour que Tu sois satisfait

Par ailleurs, le retardement comporte des inconvénients. Les Shefiites et certains Hanbalites soutiennent la nécessité de s’empresser à accomplir ce jeûne. Mais il ny a aucun mal à ne pas s’y empresser. Car on peut le retarder au milieu ou à la fin du mois.

An-Nawawi a dit :

« Nos condisciples disent qu’il est désirable de jeûner six jours de Shawwal à cause de ce hadith. Il est préférable de les jeûner successivement dès le début du mois. Mais il est permis de les répartir sur les jours du mois, voire de les retarder au-delà du mois. L’intéressé ne s’en serait pas moins conformé à la Sunna, compte tenu de la généralité des termes du hadith. Ceci ne fait l’objet d’aucune divergence de vues chez nous. C’est aussi l’avis d’Ahmad et Dawoud ». Al-Madjmou Sharh al-Mouhadhdhab.


Faut-il que la femme commence par le rattrapage des jours du Ramadan quelle a ratés à cause des règles menstruelles puis procède au jeûne des six jours ?

Si elle veut bénéficier de la récompense citée dans le hadith ou le Prophète dit :

« Quiconque jeûne le mois de Ramadan et le fait suivre par le jeûne de six jours de Shawwal est comme quelqu’un qui a jeûné tout le temps » [ Rapporté par Mouslim, n° 1984 ]

Elle doit terminer le jeûne du Ramadan d’abord puis le faire suivre du jeûne de six jours de Shawwal afin que le hadith puisse s’appliquer à elle et quelle jouisse de la récompense mentionnée. Quant au report du rattrapage du jeûne de Ramadan au moment où elle sera en mesure de l’effectuer avant le Ramadan suivant, il est bien permis.

Le jeûne des six jours doit-il avoir lieu immédiatement après la fête de fin de Ramadan ou plusieurs jours après, pourvu d’observer la succession des jours dans le mois de Shawwal ?

Il n’est pas obligatoire d’engager le jeûne immédiatement après la fête. Car on peut le commencer un ou plusieurs jours après la fête. On peut aussi jeûner des jours successifs ou séparés dans le mois de Shawwal en fonction de ses possibilités. L’affaire est souple parce qu’elle ne revêt pas un caractère obligatoire mais elle reste facultative.

C’est Allah azawajal qui nous assiste.

Sheikh Mouhamed Saleh el Mounajeed

La prière de consultation

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- Comment se déroule la prière de consultation ?

Voici la description de la prière de consultation telle que rapportée par Djabir Ibn Abd Allah as-Sulami ( qu‘Allah soit satisfait de lui) :

« Le Messager d’Allah (paix et bénédictions sur lui) apprenait à ses compagnons à consulter Allah en toute affaire comme il leur apprenait une sourate du Coran ; il dit :

« Quand l’un de vous projette une affaire, qu’il accomplisse deux rak’a surérogatoires puis qu’il dise :

« Allahoumma inni astakhirouka bi ilmika wa astaqdirouka bi qudratika wa as’alouka min fadhlika fa innaka taqdirou wa la aqdirou wa t’alamou wa la a’lamou wa anta allamoul ghouyoub Allahoumma in kounta ta’lamou hadha al-amra ( thoumma toussammihi bi aynihi) khayran li fi adjili amri wa àdjilihi (qala) aw fi dini wa ma’ashi wa aqibata amri faqdourhou li wa yassirhou li thoumma barik li fihi.

Allahoumma in kounta t’alamou annhou shanroun li fi dini wa m’ashi wa aqibata amni ( aw qala) fi ‘adjili amri wa adjilihi fasrifni anhou ( wasrifhou anni) waqdour li al khayra haythou kana thoumma radhini bihi ».

( rapporté par Boukhari 6841 ; d’autres versions sont citées par Timidhi, An-Nassaï, Abou Dawoud, Ibn Madja et Ahmad)

« Seigneur Allah, je viens prendre conseil auprès de Ta science et prendre force dans Ta force. Je viens Te demander de Ta générosité infinie. Car Tu es capable et je suis incapable, Tu sais et je ne sais pas et c’est Toi le Grand Connaisseur des mondes inconnus. Seigneur Allah, si Tu sais que cette affaire est pour moi une source de bien pour ma religion, pour ma vie ici-bas et pour ma destinée future (ou il dit : pour mon présent et pour mon futur), destine-la moi, facilite-moi sa réalisation et bénis-la moi.

Et si Tu sais que cette affaire est pour moi une source de mal pour ma religion, pour ma vie d’ici-bas et pour ma destinée future (ou il dit : pour mon présent et pour mon futur), détourne-là de moi et détourne-moi d’elle. Prédestine-moi le bien où il se trouve et inspire moi en la satisfaction. »

Dans son commentaire du hadith, Ibn Hadjar ( puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit :

« Al-istikhara est un nom. Istakhara Allah signifie : il demande à Allah de lui inspirer le bon choix, de l’orienter vers la meilleure des choses dont il a besoin. »

Analyse détaillée du hadith :

Au sujet des propos : « Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui ) nous apprenait à consulter ( Allah) dans toutes les affaires », Ibn Abi Dajma dit :

« C’est une affirmation générale qui a une signification restreinte. En effet, l’obligatoire et le recommandé ne peuvent pas faire l’objet d’une consultation. De même l’interdit et le réprouvé ne peuvent pas faire l’objet d’une consultation pour savoir s’il faut les abandonner ou pas. Aussi la consultation se limite-t-elle au licite et au recommandé qui comporte des aspects antinomiques ou duquel il faudrait se contenter. Je dis que la généralité englobe les choses importantes et signifiantes. Car parfois une affaire anodine peut avoir de graves conséquences. »

Les propos : « Quand …projette . » sont exprimés dans le hadith d’Ibn Mass’oud ainsi : « Quand l’un de vous veut une affaire qu’il dise »

Les propos : « Qu’il accomplisse deux rak’a surérogatoires » excluent la prière du matin, par exemple.

Dans al Adhkar, Al-Nawawi dit :

« Si l’on récitait l’invocation de consultation au terme de la prière du Dhor par exemple, ou à l’issue d’une autre prière surérogatoire régulière ou libre, il semble qu’on peut dire, si l’intéressé a eu l’intention de doubler la prière obligatoire d’une prière de consultation, que cela lui suffit. En revanche, sans l’intention, il faut une prière de consultation à part.

Ibn Abi Djama dit :

« La sagesse qui veut que la prière précède l’invocation repose sur le fait que par la consultation, on entend réunir les biens d’ici-bas et ceux de l’Au-delà, ce qui nécessite qu’on frappe à la porte du Roi. Or rien n’est plus efficace ni plus apte à réussir dans cette entreprise que la prière qui implique la glorification d’Allah, Sa louange et la manifestation du besoin de Lui dans le médiat et l’immédiat ».

Ses propos : « Puis qu’il dise » indiquent que l’invocation est à réciter à l’issue de la prière. Mais il se peut que l’ordre ne concerne que le dhikr et l’invocation à dire habituellement après la prière. Si tel est le cas, l’intéressé récite l’invocation de consultation après les invocations du tashahhoud et avant le salut final ».

Dans l’expression : « Allahoumma inni astakhirouk bi ilmika », la particule « bi » indique la causalité. C’est-à-dire parce que Tu sais mieux. Elle a la même signification que dans : « bi qudratika ». Elle peut aussi indiquer une sollicitation. C’est-à-dire : « je Te demande de me donner la force d’acquérir ce qui est recherché ». La phrase peut signifier également : « Je Te demande de le décréter à mon profit, c’est-à-dire de le faciliter » .

Ses propos : « Wa as’alouka min fadhlika » renferment une allusion aux grâces accordées par Le Maître.

Ses propos : « Fa innaka taqdirou wa la aqdiwou wa ta’lamou wa la a’lamou » impliquent une allusion au fait que Science et Puissance appartiennent exclusivement à Allah et que le serviteur n’en possède que ce qu’Allah lui en donne.

Ses propos : «  Allahoumma in kounta t’alamou anna hadha al amra », une version ajoute : « Thoumma youssoummihi bi aynihi » Il paraît que cela signifie que l’intéressé doit préciser son besoin. Il est aussi possible qu’il l’ait présent à l’esprit au moment de réciter l’invocation.

Ses propos : « Faqdourhou li » signifient : « Réalise-le pour moi » , et « Fasrifhou anni wasrifni anhou » c’est-à-dire : « Fais en sorte que mon cœur en soit complètement détourné » .

Ses propos : « Wa radhhini bihi » signifient : « Fais que j’en sois satisfait de sorte à ne pas regretter de l’avoir recherché et obtenu . Car je n’en connais pas l’aboutissement même si, au moment de le demander, je m’en contentais ». Le secret ici consiste à empêcher son cœur de rester attaché à l’objet de façon à le priver de la quiétude. Car la vraie complaisance consiste dans la satisfaction de l’âme du destin.

Voilà un bref extrait du commentaire d’Ibn Hadjar (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) sur le hadith cité dans le chapitre des prières et le sous chapitre du Tawhid du Sahih de Boukhari.

- Combien de fois faut-il entreprendre la consultation ?

Il n’y a aucun inconvénient à répéter la consultation si l’intéressé n’est pas rassuré. L’érudit Al-Moubarakfouri (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son commentaire sur Tirmidhi :

« Est-il recommandé de répéter la prière et l’invocation pour la même affaire si l’intéressé ne découvre rien de rassurant qui lui permette de savoir s’il faut ou pas entreprendre ?

Al-Iraqi dit : il paraît que c’est recommandable ». (voir Touhfatou al-Ahtwadhi, 2/593)

Ses propos :

«  Puis il passe à ce en quoi il se trouve à l’aise » cités par certains sont mentionnés dans un hadith du Prophète bénédiction et salut soient sur lui) rapporté par Ibn as-Sunni.

On y dit encore :

«  Quand tu t’apprêtes à entreprendre une affaire, consulte ton Maître sept fois puis examine ce qui précède à ton cœur. En effet, il renferme tout le bien ».

An-Nawawi dit (de ce hadith) :

« Sa chaîne est étrange et elle comporte des individus que je ne connais pas ». (Al-adhkar , p.132)

Al-Hafiz Ibn Hadjar dit :

« La chaîne comporte un rapporteur connu pour sa très grande faiblesse . Il s’agit d’Ibrahim Ibn al-Bara. Par conséquent, le hadith est très faible ». (Al-Foutouhat ar-rabbaniyya, 3/357)

Ce qui est exact, c’est que la facilitation de l’affaire par Allah le Puissant et Majestueux, après l’avoir décrétée et exaucé l’invocation, constitue un bon augure qui pousse à entreprendre l’action. En revanche, l’existence d’obstacles et l’absence d’une facilitation de l’affaire indiquent qu’Allah le Très Haut veut détourner son serviteur de l’affaire projetée.

Cette idée parait évident pour qui médite sur le hadith de Djabir à propos de la consultation, notamment les propos du Prophète ( bénédiction et salut soient sur lui) :

«  Allahoumma inni astakhirouka bi ilmika wa astaqdirouka bi qudratika wa as’alouka min fadhlika fa innaka taqdirou wa la aqdirou wa t’alamou wa la a’lamou wa anta allamoul ghouyoub Allahoumma in kounta ta’lamou hadha al-amra ( thoumma toussammihi bi aynihi) khayran li fi adjili amri wa àdjilihi (qala) aw fi dini wa ma’ashi wa aqibata amri faqdourhou li wa yassirhou li thoumma barik li fihi. Allahoumma in kounta t’alamou annhou shanroun li fi dini wa m’ashi wa aqibata amni ( aw qala) fi ‘adjili amri wa adjilihi fasrifni anhou ( wasrifhou anni) waqdour li al khayra haythou kana thoumma radhini bihi ».

Al-hafiz Ibn Hadjar dit :

« Al-Hafiz Zayn ad-dine al-Iraqi a dit :

On engage l’action après la consultation et ce que l’on entreprendra comportera du bien, quel qu’il soit. Cet avis est corroboré par cette phrase qui se trouve à la fin de certaines versions du hadith d’Ibn Massoud : « Puis qu’il se décide ».

Il n’existe aucun délai déterminé pour effectuer la prière de consultation et il est permis de répéter la prière plusieurs fois. Aucun nombre n’est fixé, et le prieur peut faire des invocations avant et après le clôture de la prière.

- La réponse est-elle indiquée en rêve exclusivement ?

Parmi les fausses croyances entretenus par la masse, figure celle qui veut qu’on se livre au sommeil immédiatement après la consultation et que l’on considère les bonnes choses vues en rêve comme un bon augure qui signifie que l’entreprise est bonne et qu’il peut s’y engager, et que l’on juge qu’en l’absence d’un rêve on doit s’abstenir. Ce n’est point un indice valable comme nous le savons.

L’analyse que nous venons de faire ne signifie pas que le sentiment de soulagement qui envahit l’intéressé (après la consultation) ne fait pas partie des (bons) signes. Elle signifie qu’il ne faut pas en faire l’unique signe décisif sur la bonté de l’entreprise. L’homme procède souvent à la consultation à propos d’une affaire qu’il aime et pour laquelle il est bien disposé dès le départ.

A propos du sentiment de soulagement, Cheikh al Islam ( puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit :

« Une fois Allah consulté, on doit penser que le choix d’Allah réside en ce à quoi on se sent à l’aise et le trouve facile ». (Madjmou’ al-fatawa, 10/539)

Aussi existe-t-il une différence (énorme) entre celui qui fait du soulagement l’unique signe et celui qui en fait un signe parmi d’autres.

C’est pourquoi le musulman doit se contenter de ce que la Charia lui enseigne et se conformer aux exigences de la sagesse. Il peut aussi consulter les hommes sûrs et raisonnables et réfléchir à ses affaires et examiner ce qui lui paraît le plus convenable. Une fois qu’il s’apprête à prendre une décision ou penche vers une action, il entreprend alors la consultation religieuse puis exécute sa décision tout en étant certain qu’Allah l’assistera à faire le bon choix.

- La prière de consultation peut être faite pour n’importe quel projet ?

Il n’y a pas de consultation à propos des actions obligatoires qui nous sont imposées par Allah. Il en est de même de l’abandon des interdits. Car il serait insensé de consulter sur l’opportunité de ce qu’on ne pas ne pas faire.

La consultation porte sur les choses licites pour savoir s’il vaut mieux les entreprendre ou pas. Elle peut également s’appliquer au recommandable qui intéresse des objets multiples, et elle vise alors à connaître ce à quoi il faut donner la priorité. C’est comme s’il s’agit de choisir une ville pour aller y étudier ou un maître pour s’instruire auprès de lui ou une assemblée savante pour y assister. La consultation sert dans ce cas à connaître le meilleur. Il en est de même si on veut se marier avec une femme déterminée ou effectuer un pèlerinage surérogatoire cette année ou l’année suivante.

En somme, toute affaire pouvant susciter une réticence est concernée par ses propos : « il nous apprenait à consulter au sujet de toutes les affaires ».

Allah est Le plus Savant.

Les données proviennent du site www.islam-qa.com .

La colère et la dépression : une perspective islamique

La colère

Quand Dieu créa les êtres humains, Il créa diverses émotions et désirs en lui que nous appelons les instincts humains. Ces derniers comprennent des qualités positives telles que le fait de reconnaître la vérité et l’exprimer, l’amour et la compassion et des désirs purement physiologiques comme le fait d’avoir soif, d’avoir faim ou d’avoir un besoin sexuel.

Puis, il y a également des qualités négatives telles que la haine et la colère d’où résultent la violence et la dépression. Les anges qui ont été témoins de la création d’Adam avaient connaissance de certaines qualités négatives de l’homme et s’interrogèrent à propos de la création de cet être qui allait créer le « désordre sur terre ». (Coran 2 :30)

Cependant, au même moment, le Créateur indiqua également les mécanismes protecteurs pour combattre ces instincts négatifs. “L’homme fut créé faible,” dit le Coran. Pendant les périodes de faiblesse, nous succombons au dessein de notre ennemi, c’est à dire Satan, qui nous attaque par devant, par derrière, par les côtés afin de nous distraire du souvenir d’Allah et nous faire retourner à notre nature animistic. Ainsi, la colère en elle-même n’est pas naturelle ; l’expression de la colère, si elle s’établit d’une mauvaise manière peut créer divers problèmes. La différence entre les bêtes sauvages et les humains est le libre arbitre.

Lorsqu’un lion ou un loup est en colère, il ne pense pas. Quand un homme se met en colère suite à une provocation il a le choix entre contrôler sa colère, y répondre de la façon enseignée par les Prophètes et les Saints ou oublier tout ceci et devenir un animal sauvage. Ainsi, la colère prend place lorsque nous ne nous contrôlons pas mais que c’est Satan qui nous contrôle.

La colère est un fait déstabilisant. C’est l’émotion la plus à même de diviser des amis ; elle éloigne tout jugement, amène à la dépression, à la folie et aux mauvaises actions pour lesquelles nous nous repentirons une fois la colère passée. Mais pourquoi commençons nous par nous mettre en colère ? C’est soit une provocation, soit une situation inattendues qui entraînent la frustration puis une réponse colérique. Lorsqu’il est en colère, un individu peut agresser physiquement ou verbalement une personne qu’il aime, blesser un autre être-vivant comme un animal et, durant la phase de dépression, il peut se blesser lui-même, voir même se suicider.

Lorsque la colère est dirigée vers un groupe de personnes, elle peut se manifester par un acte terroriste que ce soit contre des individus d’une croyance ou d’une nation spécifiques ou bien contre son propre gouvernement comme ceci a été le cas pour l’attentat d’Oklahoma City. Cependant, la colère n’est pas entièrement d’origine satanique. Comment pouvons-nous blâmer Satan pour la colère d’un enfant qui n’a pas eu son jouet ou qui a faim ?

Le point que je soulève est que l’assouvissement naturel de désirs normaux, que ce soit en terme de nourriture ou de sexe, soit un pré-requis pour éviter la colère. Il y a plusieurs réactions chimiques et hormonales qui affectent nos humeurs et notre comportement. Il est connu que l’hypoglycémie et l’hyperthyroïdie favorisent l’irritabilité et la colère. Nous devons garder l’équilibre au niveau de nos hormones afin de faciliter notre bien-être spirituel.

Le Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui), qui a été envoyé aux hommes pour leur apprendre la bonne conduite morale, apprit à contrôler sa colère envers les mécréants et à l’exprimer de façon appropriée. Il encourageait constamment à ne pas se mettre en colère. Un compagnon lui demanda :

“ Donne moi un conseil en vertu duquel je pourrais espérer un bien dans l’au-delà”, et il dit :

“ ne te mets pas en colère”.

Une autre personne demanda : “Qu’est-ce qui me sauvera de la colère d’Allah”, et il dit :

“ N’exprime pas ta colère” .

Une troisième personne demanda trois fois : “Ô Prophète de Dieu, indique-moi comment faire facilement une bonne action », et il dit :

” Ne te mets pas en colère” .

Une fois il posa une question à ses compagnons : “Qui parmi vous considérez-vous comme un homme fort ? ”

Il dirent qu’il s’agissait de celui qui peut vaincre tel et tel lutteur lors d’un combat et il dit :

“ Il ne l’est pas. Celui qui est fort est celui qui peut se contrôler alors qu’il pourrait se mettre en colère. ”

Il dit aussi : “La colère est comme le feu qui vous détruit de l’intérieur, elle peut également vous mener au feu de l’enfer lorsque vous l’avez exprimée de façon injuste. ”

Etre en colère c’est comme être ivre. Dans les deux cas, nous ne savons pas ce que nous faisons, ou nous ignorons que nous faisons du mal à autrui ou à nous même et ensuite, une fois que l’ivresse s’est dissipée, nous nous repentons. Le cheikh Hassan Basri dit une fois qu’un des signes du Croyant était que sa colère ne prenait pas le dessus sur lui.

Il faut distinguer la colère qui est une réponse naturelle à un méfait, et la mécréance. Une personne qui n’a aucune réaction face à l’oppression, au méfait ou à la mécréance est une personne émotionnellement impotente.

Il est dit : “ Le mal grandit lorsque quelques personnes ne font rien pour s’y opposer. ” Ainsi, répondre à une injustice et le faire de façon civilisée est une expression de la colère qui est appropriée. Etre neutre face à l’injustice équivaut à contribuer à cette injustice. Quelques fois, prendre les armes afin de combattre l’oppression et l’injustice est la base de “ la guerre juste”. Cependant, cette “ guerre juste” n’est pas justifiée à un niveau personnel.

La calife ‘Ali combattit une fois dans une guerre imposée aux musulmans et le chef des mécréants se confronta à lui. Durant le combat, ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) prit le dessus sur son ennemi qui tomba à terre et il fut sur le point de le tuer.

Le chef des mécréants, connaissant son sort, n’avait plus d’alternative et cracha au visage de ‘Ali. Ce dernier se leva immédiatement et le laissa seul. L’homme vint vers lui en courrant et dit :

“ Tu avais l’occasion de me tuer. Pourquoi n’as-tu pas utilisé ton épée ?” ‘ Ali dit :

“Je n’ai aucune animosité personnelle envers toi. Je te combattais à cause de ta mécréance, au nom de Dieu. Si je t’avais tué après que tu aies craché sur mon visage,alors cela serait devenu une revanche personnelle que je ne souhaite pas prendre.” Ce mécréant devint musulman sur le champ.

Lorsque le Prophète (pbsl) se mettait en colère à cause d’une mauvaise action ou de la mécréance d’une personne, il ne l’exprimait jamais avec sa main ou sa langue. Ses compagnons savaient qu’il était en colère en regardant son visage qui devenait rouge, la sueur apparaissant sur son front, et il gardait le silence pendant un moment, s’efforçant de se contrôler.

Que nous arrive-t-il physiologiquement lorsque nous sommes en colère ? Notre fréquence cardiaque et notre tension augmentent ; ceci est l’effet direct d’un excès d’adrénaline dans notre système. Notre force physique augmente alors que notre force spirituelle diminue. Notre intellect ou notre pouvoir de décision s’en vont et des choses que nous n’aurions jamais justifiées dans un état normal deviennent acceptables. Les organes de notre corps qui sont, en temps normal, sous notre contrôle, deviennent hors de contrôle. Ainsi, nos langues deviennent agressives et nous pouvons prononcer des mots qui blesseront une autre personne. Nos mains sont hors de contrôle et nous pouvons frapper quelqu’un et même parfois nous frapper nous-même. Nos pieds sont hors de contrôle et nous pouvons donner un coup de pied à un humain, un animal ou à une machine.

Comment contrôler la colère ? Contrairement à d’autres enseignements, je pense que déraciner une colère est impossible, contre-nature et peut même être douloureux. Une personne qui ne se contrôle pas ou qui ne redirige pas l’expression de la colère peut monter la colère contre elle-même et se blesser physiquement.

Mis à part le fait d’être déprimé et d’avoir un sentiment de dépression, durant la phase de colère non exprimée, une fréquence cardiaque rapide une pression sanguine forte peuvent nuire au cœur voire même entraîner une crise cardiaque sur le long terme. Mis à part le fait d’être violent, durant la phase de colère puisque l’esprit de fonctionne plus, une personne peut prendre de mauvaises décisions concernant son travail ou des relations personnelles qui vont affecter son futur.

Remède pour la colère

Le premier remède préventif est d’éviter d’être trop sensible aux provocations et de devenir sourd et muet. Ceci peut être nécessaire pour certaines personnes afin qu’elle se dirigent vers autre chose pour se détourner. Pour les saints, ceci peut-être envisageable par le souvenir de Dieu et la méditation, mais pour le commun des hommes, il est nécessaire d’avoir recours aux outils de ce bas monde.

Un couple alla voir le Prophète (pbsl) et dit :

“ Nous nous disputons depuis des années. Chaque fois, elle dit quelque chose pour heurter mes sentiments, je me mets en colère et je réponds et ces disputes atteignent un tel degré que j’ai peur que ce combat verbal ne devienne physique ou que nous finissions par divorcer. Conseille-moi sur la façon de contrôler ma colère.”

Il dit à l’homme :

“Quand ta femme te provoque et te met en colère, prend un peu d’eau dans ta bouche et n’avale pas, ne la crache pas non plus mais garde l’eau jusqu’à ce que la colère se soit calmée. ”

Il mit en pratique ce conseil et rapporta quelques mois plus tard que ceci avait marché.

Puisque que nous croyons que la colère est l’expression du contrôle de Satan, nous ne devons pas le laisser prendre le dessus.

Le Prophète (BDSL) nous a conseillé de dire lors de la colère :

“ Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé. ”

Il conseilla également lors de la colère de s’asseoir ou de s’allonger car il est difficile de frapper quelqu’un dans cette position. De toute évidence, le meilleur remède est de penser à Dieu et de se poser soi-même une question : “ Avons-nous le contrôle de notre personne ou laisserions-nous Dieu prendre le contrôle de notre personne ?” Il faut penser à la colère et à la punition de Dieu. La colère de Dieu est-elle plus faible que la notre ? Qu’arriverait-il s’Il exprimait Sa colère ? Les humains qui cherchent le pardon de Dieu doivent d’abord pardonner aux autres.

Lorsque quelqu’un pardonne une autre personne, ceci établit la paix et la tranquillité dans son coeur. Parallèlement, les injustices ou les mauvaises actions qui ont mis quelqu’un en colère se transforment en conflit entre Dieu et la personne qui est à l’origine. Et si la personne ne prend pas sa revanche et pardonne, Dieu agira en son nom.

Le premier attribut de Dieu / Allah dont nous, musulmans, nous rappelons est Ar Rahman-Ar Rahim qui veut dire Le très Miséricordieux, Le tout Miséricordieux. Dieu lui même a dit  : “Ma Miséricorde a vaincu Ma Colère”,

et Il a dit dans un hadith qudsi :

“ Ô fils d’Adam, quand tu te mets en colère, rappelle-toi de moi. ”

Ainsi, le rappel d’Allah et la méditation nous garderons dans la voie droite. Un des mots de la méditation est ya Halim qui est un des attributs de Dieu et qui veut dire Le Doux. On peut également prier Dieu de prendre le contrôle de la situation et de la ou des personnes qui ont causé cette colère. Nous devons également penser que cette vie qui nous est si chère est une vie temporaire et nous ne devons pas oublier la mort ni troquer la vie éternelle contre celle de ce bas-monde. Se laver le visage avec de l’eau fraîche ou prendre une douche froide peut aussi aider.

Ainsi, il est important de rediriger l’énergie en se consacrant à autre chose. Le summum de la sainteté est de faire exactement l’opposé de ce que la personne provocatrice attend. S’il elle s’attend à ce qu’on la réprimande ou qu’on l’agresse verbalement en retour, alors il faut lui dire : “Je t’aime” et mentionner ses qualités. Si elle s’attend à une attaque physique alors il faut l’embrasser et lui pardonner.

C’est à ce propos que la parole “tendre l’autre joue” est arrivée. Quelqu’un deviendra une calme quand il aura fait la paix avec lui-même, avec son Créateur et avec son entourage. La colère est une mauvaise herbe qui coûte cher. Elle coûte la santé d’un individu, sa vie dans ce monde et sa vie dans l’au-delà. Cette mauvaise herbe doit être déracinée pour permettre à la plante saine de la droiture, de la piété et du service à Dieu et à Sa Création, de se consolider et de croître.

La dépression

La dépression est un état de pensée triste, de déprime et un sentiment de ne pas valoir la peine. Elle peut être le résultat de la colère contre soi-même ou contre autrui, une colère inexprimée, un échec, une frustration. La dépression est une maladie mortelle qui peut blesser le corps de façon intense ou chronique et elle peut détruire irréversiblement des relations. C’est durant cet état de dépression que les gens ont des pensées suicidaires et quelques fois mêmes des actions suicidaires. Durant la colère cependant, quand une personne essaie de manifester sa dépression verbalement et physiquement, elle baisse totalement les bras. La dépression se construit lentement, alors que la colère est une manifestation plus aiguë, elle est telle une mite qui mange doucement l’esprit humain ainsi que son corps.

La dépression peut être le résultats de pertes, financières ou affectives ou bien un d’échec dans le travail, scolaire ou professionnel. Souvent, des patients en stade terminal, sans espoir de guérison, sont également déprimés. Quelques fois la dépression ou la déprime sont dues à un déséquilibre chimique comme la colère, qu’il y ait une condition psychotrope avec épuisement des amines cérébrales, de l’epinephrine, de la norepinephrine et de la dopamine, ou bien un déséquilibre hormonal tel que l’hyperthyroïdie ou la maladie d’Addison. De ce fait, pour chaque cas de dépression, lorsque qu’un médecin les remarque, il doit les évaluer pour mettre en place un traitement agissant sur la cause.

La façon de lutter contre la dépression est encore une affaire de contrôle de l’esprit. Nous devons réaliser que nous ne contrôlons pas notre destinée. Certains échecs et certaines difficultés ont pour but de nous apprendre des leçons. Nous devons savoir que quelqu’un contrôle notre passé, notre présent et notre futur. C’est ce qu’est un croyant. Le Calife ‘Ali dit une fois : “ Ce qui fait de moi un homme qui croit en Dieu, c’est le fait de réaliser qu’après avoir fait tout ce qui est humainement possible pour faire en sorte que certaines choses marchent, elles ne marchent pas comme nous l’aurions cru, me faisant croire que quelqu’un d’autre avait le contrôle de cette situation, et pas moi. ”

Lorsque nous donnons de bons conseils à nos enfants adolescents, les encourageant à faire le bien et à éviter le mal et qu’ils n’écoutent pas, ils se retrouvent confrontés à des problèmes. C’est humain d’être triste mais il n’est pas nécessaire d’être déprimé en pensant : “je ne suis pas un bon parent ”. Nous serons interrogés pour les choses que nous pouvons et devons faire mais pas pour les choses qui sont hors de notre portée.

Le remède à la dépression est l’espoir. Dieu a rendu le désespoir illicite en disant : “ Ne désespérez pas de la Miséricorde de Dieu. ”

Ainsi, peu importe le niveau de désespoir, dépression et de frustration où nous nous trouvons, que ce soit la perte d’une personne qui nous est chère ou la perte d’un emploi, ou bien le résultat d’une colère contre un tiers, nous ne devons pas abandonner l’espoir car il reste toujours une lueur d’espoir à la fin du tunnel. Le plus grand espoir est une miséricorde de la part de Dieu.

Ainsi, celui qui a perdu des biens matériels espère que Dieu remplacera ces pertes par une chose meilleure. Celui qui a perdu un être cher espère le revoir dans l’au-delà.

L’espoir est le remède qui permet de rester en vie et d’avancer et lorsque l’on dit “ accroche-toi ” ceci veut dire “ accroche-toi à la corde de l’espoir ” . Il n’est pas contre-nature d’être triste suite à certaines situations ou évènements. Même le Prophète (pbsl) était triste lorsqu’il regardait la triste situation des mécréants, leur rejet de son message annonçant l’unicité de Dieu et le fait qu’ils ne deviennent pas musulmans. Dieu lui rappela :

“ Ce n’est pas ton devoir de faire d’eux des musulmans mais juste de proclamer la vérité et Dieu donne la guidée à qui Il veut.”

Durant la dépression, il y a l’obscurité mais avec l’espoir, il y a la lumière. De ce fait, chacun doit demander que cette lumière illumine son cœur et qu’il puisse voir plus loin que ce qui est la cause de ses souffrances actuelles. Si je savais que je ne pourrai pas voir le jour prochain, je tomberai en dépression, mais si j’ai l’espoir de voir le jour prochain avec tous ses bienfaits, l’amour de ma famille, mes amis, les êtres qui me sont chers, les fleurs, etc., je m’endors en paix et me tourne vers Dieu. Nous devons demander la Miséricorde de Dieu ainsi que Son pardon pour que nous puissions nous aimer et nous pardonner, nous-mêmes ainsi que les autres créatures de Dieu, être en paix avec nous même, notre Créateur et nos proches.

Nous, musulmans, croyons que toutes les souffrances, les défaites et les adversités ne sont qu’une épreuve de la part de Dieu qui a dit :

“ Vous n’entrerez pas au Paradis sans avoir été éprouvés. ”

Il dit également :

“ Nous vous éprouverons par un peu de crainte, de faim, par des pertes légères de biens, d’honneurs ou de récoltes. Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients, à ceux qui disent, lorsqu’un malheur les atteint : “ Nous sommes à Dieu et nous retournerons à Lui ”. (Chapitre 2 versets 155-157)

Texte écrit par le Dr Shahid Athar, traduit avec son aimable autorisation par la sœur Inaya (qu’Allah la récompense).

L’Islam efface tous les péchés

Question :
Salamou alaykoum,
Je suis convertie depuis quelques années dèjà el hamdoulillah, seulement avant d’être musulmane, j’ai commis beaucoup de péchés que je n’arrive pas à oublier. Quand j’y pense, je pleure tellement, j’ai honte de mon passé, je regrette tellement tout ce que j’ai fait, j’ai l’impresion d’être face à une montagne de péchés qui sont trop lourd à porter, cela me ronge vraiment. On m’a dit à ma conversion que l’Islam effacait tous les péchés qu’on avait commis avant d’être musulman et cela a été une énorme libération pour moi de savoir cela. Malheureusement, je n’arrive pas à en être convaincu au fond de moi, j’ai très peur que mes péchés ne soient pas pardonnés. Pouvez-vous donc me dire si c’est sûr à 100% que les péchés d’avant l’Islam sont effacés, c’est-à-dire quelles sont les preuves que nos péchés commis avant l’Islam seront pardonnés ? Est-ce que l’unanimité des savants est d’accord à ce sujet ? Svp, répondez-moi, j’en souffre tellement, biensûr j’ai foi et je sais el hamdoulillah que Dieu est très Misericordieux mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir peur à cause de ce que j’ai fait, c’était très grave. Et il y a une différence entre péché effacé ou péché pardonné, donc j’aimerais savoir si les péchés commis avant d’être musulman sont vraiment effacés ? Svp, je vous demande autre chose, est-ce que mes proches seront au courant le jour du jugement des péchés que j’ai commis avant d’être musulmane ? Svp, répondez à cette question très importante, cela me fait peur de penser qu’ils pourraient savoir ce que j’ai fait quand j’étais égarée. Svp, dites-moi aussi si c’est sûr et si tous les savants sont d’accord sur la réponse à cette question. Svp, répondez-moi, je suis si triste de tout ce passé que je ne peux pas changé, j’éspère que vos réponses vont me rassurer mais svp dites-moi vraiment toute la vérité, même s’il y a un désaccord entre les savants, je veux tout savoir, c’est trop difficile de vivre avec cela ; j’ai besoin de savoir ce qu’il en ai.
Baarakallahou fikoum. Jazaakallahou kheiran du fond du doeur, merci car je ne peux en parler à personne, apportez-moi une grande réponse svp avec toutes les précisions possibles, merci mille fois. Qu’Allah soubhaanahou wa ta’aala vous récompense et inchallah que votre réponse aide d’autres convertis. Salamou alaykoum.

Réponse :

Louange à Allah qui t’a guidé à l’Islam, et je Lui demande (qu’Il soit exalté) de t’affermir sur la vérité, Il a dit (qu’Il soit exalté) : {Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants} [Aali 'Imraane : 85]. Donc, remercie Allah (qu’Il soit exalté) de t’avoir guidé, accueille ta nouvelle vie avec les bonnes œuvres et la véritable foi, oublie la mécréance et les mauvaises actions et les péchés qu’elle comporte, parce que l’Islam efface tout ce qui a été commis avant lui parmi les grands péchés, les mauvaises actions et autres, ainsi que le plus grand de tous ces péchés qui est le polythéisme [associer quelque chose à Allah], Il a dit (qu’Il soit exalté) : {Et quant à ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, Nous leur effacerons leurs méfaits, et Nous le rétribuerons de la meilleure récompense pour ce qu’ils auront accompli} [L'araignée : 7].

Le repentir sincère avec la foi en Allah, ainsi que la croyance en Son unicité et l’accomplissement des bonnes œuvres, effacent tous les péchés, Il a dit (qu’Il soit exalté) : {Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication – car quiconque fait cela encourra une punition, et le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’ignominie ; sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre ; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux} [Le discernement : 68-70].
Et le messager (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit, d’après le hadith d’Abdoullah ibn Mass’ôud (qu’Allah soit satisfait de lui) : (Celui qui se repent du péché, est comme celui qui n’a aucun péché) rapporté par Ibn Maajah [4250] ; et Mouslim a rapporté dans son recueil de hadiths authentiques, d’après le hadith d’Abou Dhar (qu’Allah soit satisfait de lui), dans ce hadith le prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit selon ce qu’il rapporte de son Seigneur (le Puissant et le Haut) qui a dit : (O Mes serviteurs ! Vous commettez des erreurs nuit et jour, et Je pardonne tous les péchés ; donc, demandez-Moi pardon, Je vous pardonnerai).

Alors, je te conseille de faire des efforts dans l’accomplissement des bonnes œuvres, d’être assidue à la pratique des devoirs religieux et des actes surérogatoires ; et ne pense pas aux péchés parce qu’il se peut que ce soit un piège du diable afin de t’empêcher de te préoccuper des bonnes œuvres et de les accomplir ; demande donc la protection d’Allah contre lui lorsque tu es dominée par ces suggestions du diable et que tu y penses. Sache aussi que le plus grand péché et la plus grande injustice est d’associer quelque chose à Allah [le polythéisme], comment te préoccupes-tu donc des péchés qui sont plus petits que cela à l’époque de l’ignorance avant l’Islam et de la mécréance, alors qu’Allah t’a pardonné lorsque tu es entrée dans l’Islam.

Je demande à Allah (qu’Il soit exalté) de t’accorder le succès, d’augmenter ta guidée, de t’affermir sur la vérité, et de t’éloigner de ce qu’Allah a interdit parmi les paroles et les actes, c’est Lui qui entend et exauce les demandes !

Dr Abdel-’Aziz ibn Ibrahim Ach-Chahwaane.

Question répondue aussi par Dr Charaf ibn Ali Ach-Charif :

Louange à Allah, et bénédictions et salutations d’Allah sur le messager d’Allah :

Tu dois beaucoup remercier et louer Allah, et sache que l’Islam efface les actes commis avant lui, si la personne a une intention sincère et se repent à Allah (le Puissant et le Haut) sincèrement. Aie la conviction qu’Allah pardonne tous les péchés, sache aussi que beaucoup de compagnons étaient polythéistes et mécréants avant leur conversion à l’Islam, et le messager (qu’Allah prie sur lui et le salue) leur a confirmé qu’ils sont au Paradis. Abou Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) et Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) étaient sur la mécréance avant l’Islam, et lorsqu’ils se convertirent à l’Islam, ils furent les meilleurs compagnons (qu’Allah soit satisfait d’eux).

Donc, chère sœur, sois tranquille et ne t’inquiète pas ; continue à rester dans l’obéissance d’Allah, demande beaucoup pardon à Allah et repens-toi, et réjouis-toi du bien, parce que l’Islam efface tous les actes et les péchés commis avant lui.

De plus, tu sais – chère sœur – qu’Allah est le Pardonneur, le Très Miséricordieux, qu’Il pardonne tous les péchés, et qu’Il cache les péchés de Ses serviteurs ; et le jour du jugement, tes proches parents ne connaîtront que le bien à propos de toi, et ils ne connaîtront pas tes péchés que tu as commis avant ta conversion à l’Islam. Et louange à Allah et nous le remercions.

La pierre noire

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Lorsque Ibrahim (que la paix soit sur lui) acheva la construction de la kâaba jusqu’à l’emplacement de la pierre noire, il dit à son fils Ismaïl (que la paix soit sur lui) : “Va et apporte-moi une pierre pour que je la mette ici, afin qu’elle soit un signe pour les gens où ils commenceront les tours autour de la Kâaba”. Ismaïl alla alors vers les montagnes de la Mecque pour chercher une pierre ; il trouva une pierre qu’Ibrahim (que la paix soit sur lui) refusa ; il alla donc chercher une autre pierre, et l’ange Gabriel (que la paix soit sur lui) vint alors avec la pierre noire.
Et il est rapporté dans une version qu’il descendit avec la pierre du Paradis.

Dans une autre version, il apporta la pierre de la montagne Abou Quoubaïs, parce la pierre noire avait été confiée à la montagne Abou Quoubaïs à l’époque du déluge.

Dans une autre version : “Lorsque la terre fut inondée, Allah confia la pierre noire à Abou Quoubaïs, et il dit : {Lorsque tu verras que Mon ami me construit une maison, donne-lui la pierre} ; lorsque Ibrahim (que la paix soit sur lui) voulut la pierre noire, elle l’appela de la montagne Abou Quoubaïs : “Je suis ici”. Ibrahim (que la paix soit sur lui) monta jusqu’à la pierre, la prit et la mit à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui.

Et dans une version : “La montagne Abou Quoubaïs cria : [O Ibrahim ! O Ami du Tout Miséricordieux ! J'ai un dépôt pour toi, alors prends-le. C'était une pierre blanche parmi les rubis du Paradis. L'ange Gabriel (que la paix soit sur lui) mit la pierre noire à sa place, et Ibrahim (que la paix soit sur lui) construisit ; et à cette époque, la pierre brillait à cause de sa blancheur intense, sa lumière illumina l'Est et l'Ouest ; et sa lumière illuminait jusqu'aux limites du "Haram" [la mosquée sacrée de la Mecque], dans toutes les directions”.

Il est rapporté que lorsqu’Adam (que la paix soit sur lui) descendit sur terre en Inde, et qu’il pleura beaucoup et fut très triste, on lui ordonna d’aller à la Mecque ; Allah le consola avec une tente parmi les tentes du Paradis qui était un rubis parmi les rubis du Paradis, et la pierre du coin [la pierre noire] descendit aussi, elle était un rubis blanc provenant du bas degré du Paradis.

Le mérite de la pierre noire :

D’après Ibn ‘Abbaass (qu’Allah soit satisfait de lui) le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : (La pierre noire est descendu du Paradis, elle était plus blanche que le lait, alors les péchés des fils d’Adam l’ont noircie) rapporté par Tirmidhi.
Et dans le livre “Hidaayah As-Saalik” : “Le fait qu’il reste noire, amène les gens à en tirer un exemple, afin qu’ils sachent que si les péchés ont un effet sur la pierre, alors l’effet qu’ils ont dans les cœurs, est plus grand”.

Il est rapporté dans un hadith : (Quiconque invoque Allah à l’endroit de la pierre noire, Allah exaucera ses demandes) rapporté par Al-Azraqui dans “Akhbaar Makkah”.

Ibn Omar (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) a dit : “Le prophète (qu’Allah prie sur lui et le salue) se dirigea vers la pierre noire, et il posa ses lèvres sur la pierre et pleura pendant un long moment ; ensuite, il se retourna et il trouva Omar ibn Al-Khattaab qui pleurait, il dit alors : (O Omar ! C’est ici qu’il faut verser les larmes)” rapporté par Ibn Maajah.

Abdoullah ibn ‘Amr a dit : “J’ai entendu le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) dire : (Le coin [la pierre noire] et le “Maquaam”, sont deux rubis parmi les rubis du Paradis, et si Allah n’avait pas éteint leur lumière, ils auraient illuminé ce qui se trouve entre l’Est et l’Ouest)” rapporté par Ahmed, Tirmidhi et Ibn Hibbaane.

D’après Ibn ‘Abbaass (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit au sujet de la pierre noire : (Allah ressuscitera la pierre noire le jour du jugement en ayant deux yeux avec lesquels elle verra et une langue avec laquelle elle parlera, elle témoignera pour quiconque l’aura touchée légitimement) rapporté par Tirmidhi, Ibn Hibbaane, et Abou Haatim a dit que c’est un hadith bon.

D’après Ibn Omar (qu’Allah soit satisfait de lui et de son père) le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : (Toucher la pierre noire et le coin yéménite, efface les péchés) rapporté par Ahmed, Ibn hibbaane et Tirmidhi.

D’après Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) le messager d’Allah (qu’Allah prie sur lui et le salue) a dit : (Touchez beaucoup cette pierre parce que vous êtes sur le point de la perdre, pendant que les gens tourneront autour de la Kâaba pendant une nuit, le matin, ils ne la trouveront pas ; Allah (le Puissant et le Haut) ne laisse rien du Paradis sur terre sans qu’Il ne le fasse retourner au Paradis avant le jour du jugement) rapporté par Al-Azraqui dans “Akhbaar Makkah”.

La liberté de conscience en Islam

L’Islam préserve, garantit et sacralise la liberté de conscience. Il est interdit de spolier cette liberté, et ce, conformément aux textes coraniques explicites à ce sujet : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. » Coran 2 :256

La mission du Messager — paix et bénédiction sur lui — consiste uniquement à transmettre et à expliquer la réalité du Message. C’est ce que proclame explicitement le Coran à cet égard, dans des versets tels que :

« Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : ‹Avez-vous embrassé l’Islam ?› S’ils embrassent l’Islam, ils seront bien guidés. Mais, s’ils tournent le dos… Ton devoir n’est que la transmission du message. Dieu, sur Ses Serviteurs, est Clairvoyant. » Coran 3 :20

« Obéissez à Dieu, obéissez au Messager, et prenez garde ! Si ensuite vous vous détournez… alors sachez qu’il n’incombe à Notre Messager que de transmettre le message clairement. » Coran 5 : 92

« S’ils se détournent,… Nous ne t’avons pas envoyé pour assurer leur sauvegarde : tu n’es chargé que de transmettre le message. » Coran 42 :48

« Eh bien, rappelle ! Tu n’es qu’un rappeleur, et tu n’es pas un dominateur sur eux. Sauf celui qui tourne le dos et ne croit pas, alors Dieu le châtiera du plus grand châtiment. » Coran 2 :21-24

Enfin, cette déclaration péremptoire du Coran qui entérine la divergence des voies suivies et l’abandon de la conscience à une liberté totale et sans entrave : « Dis : ‹Ô vous les dénégateurs ! Je n’adore pas ce que vous adorez. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore. Je ne suis pas adorateur de ce que vous adorez. Et vous n’êtes pas adorateurs de ce que j’adore. A vous votre religion, et à moi ma religion›. » Coran 109

C’en est ainsi, par une déclaration explicite : Vous, vous êtes libres dans votre choix et moi, je suis libre dans le mien. Y a-t-il plus grande liberté ?

Quant au problème de l’exécution de l’apostat, en tant que sanction pour son apostasie, il faut savoir qu’une telle sanction admet des sanctions similaires dans les diverses législations divines. Toutes les religions prennent des mesures pour se protéger. Ainsi existe-t-il dans le Christianisme la sentence dite d’excommunication. Cette célèbre sanction était appliquée par les papes contre ceux qui se rebellaient contre l’autorité de l’Église, fussent-ils des Empereurs. Mais pourquoi aller si loin, alors que toute organisation, tout parti considère qu’il est de son droit de sanctionner n’importe quel membre qui violerait son engagement au sein du parti. La religion serait-elle plus futile qu’un tel parti ?

Néanmoins, j’ai un autre avis sur la question. Lorsqu’une personne accepte l’Islam pour religion, elle devient dès lors membre de la Communauté musulmane ; elle possède les mêmes droits que les autres Musulmans, et lui incombent les mêmes devoirs que les Musulmans. De cette manière, elle entre avec la Communauté musulmane dans un contrat social qui détermine l’appartenance et l’allégeance — avec tous les droits et devoirs impliqués par ces notions — à l’individu et à la Communauté à laquelle cette personne est désormais rattachée. Par ce contrat social, l’individu devient une partie intégrante du corps de la Communauté telle que décrite par le célèbre hadith : « La métaphore des croyants, dans l’amour, la compassion et la miséricorde qu’ils se témoignent les uns les autres est celle d’un corps unique. Si l’un de ses membres est souffrant, tout le corps tombe malade et devient fiévreux. » Si malgré cela, un membre quelconque de la Communauté s’avise d’apostasier — c’est-à-dire d’abandonner la Communauté dont il faisait partie intégrante et qui lui témoignait de sa loyauté et de sa protection -, il se sera alors rendu responsable de ce qui peut être assimilé à une trahison au niveau politique. Or, la trahison de la patrie est sanctionnée par la peine de mort. Il n’en sera alors pas moins pour la trahison de la religion. L’Islam n’oblige personne à l’embrasser. Mais si on l’accepte librement et par conviction, on doit respecter son engagement, car la religion est à considérer avec sérieux et n’est pas un jeu.

Néanmoins, l’exécution de l’apostat n’a pas été exprimée par un texte coranique et n’est supportée que par un seul hadith. Les juristes ont émis divers avis : les uns s’opposent à l’exécution de l’apostat, les autres invitent à ce qu’on demande à l’apostat de se repentir, pendant un certain nombre de jours selon les uns, pendant un certain nombre de mois selon certains, jusqu’à sa mort naturelle selon d’autres. Ceux qui s’opposent à l’exécution de l’apostat soutiennent en effet que la Communauté ne perdra pas grande chose avec l’apostasie de l’un de ses membres. C’est lui seul qui se perdra dans sa vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Le Coran indique qu’il faut négliger le sort de l’apostat, en ce sens que Dieu dédommagera la Communauté de la perte de cet apostat et de ses semblables. Dieu dit en effet : « Ô les Croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion… Dieu fera venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier de Dieu, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce de Dieu. Il la donne à qui Il veut. Dieu est Immense et Omniscient. » Coran 5 : 54

À la lumière de cette directive coranique appelant à négliger le sort de l’apostat, nous voulons indiquer que cela prive en outre les apostats de ce à quoi aspire un grand nombre d’entre eux, à savoir la renommée et la célébrité. Ainsi, la directive coranique à la négligence qu’il faut leur témoigner fait partie de la politique légale, qui les abandonne ainsi dans les vallées de l’oubli, sans personne pour les regretter.

Quant à Salmân Rushdî, son cas n’est plus celui d’une prétendue liberté d’expression. Son cas concerne désormais la liberté de diffamation explicite contre les choses sacrées de la religion, et ce, à travers la calomnie contre le Messager, la raillerie des Mères des Croyants (Les Mères des Croyants sont les épouses du Prophète.) et la description du Message dans son ensemble comme une sorte de conte des Mille et Une Nuits. Contre un tel apostat, doit être prononcée une sentence semblable à celle prononcée contre celui qui trahirait sa patrie. En effet, il a rompu le contrat social qui le reliait en loyauté et en allégeance à la Communauté musulmane. Quant à la liberté d’expression en Islam, son livre d’or est tellement riche que nous n’avons pas la place d’en parler dans le présent ici

La Mosquée

(L’endroit le plus privilégié auprès d’Allah est la mosquée, alors que le plus détestable est le marché), c’est ce qu’a dit le prophète Mohammed (que dieu prie sur lui et le salue) dans son hadith rapporté par Mouslim.

Certes, les mosquées sont les endroits les plus aimables pour Allah car elles accomplissent un rôle très important, celui de communication entre le ciel et la terre, c’est-à-dire entre l’homme et son Seigneur et ce à travers, les prières.

La mosquée est la place pure à laquelle se réfugient les âmes, extenuées de la vie et de suivre les passions et les envies pour rechercher quelques moments de sérénité et de miséricorde.

En revanche , les places les plus détestables pour Allah sont les marchés, non pas parce qu’ils sont des lieux de vente et d’achat mais parce que les opérations aux marchés sont souvent mêlées d’escroquerie, de vol , malversions , falsification, fraude de poids, tromperie, avarice , rivalité, etc…

Cette comparaison prophétique nous montre une reconnaissance implicite des marchés au sein de la société musulmane en étant une institution commerciale par rapport aux mosquées qui représentent aussi une mosquée. Ceci s’explique dans le verset du Saint Coran suivant, Allah l’exalté a dit : {Dans des maisons [des mosquées] que Dieu a permis que l’on élève, et où Son Nom est invoqué ; ils Le glorifient en elles matin et après-midi} Al-Nour V.36.

Ainsi, il ne faut y invoquer que le nom d’Allah pour le glorifier et d’élever ce lieu pure du point de vue morale en favorisant un climat sûr pour les prières, l’adoration et la purification spirituelle en invoquant Allah et en suivant Ses ordres, et du point de vue matériel en préservant ce lieu propre et exempte de tout déchet ou mal propreté ou tout divertissement.

Elever signifie également “construire des mosquées, le prophète Mohammed (que dieu prie sur lui et le salue) a dit : (Celui qui bâtit une mosquée pour Allah, Allah lui construit une maison au Paradis).

Ces maisons (mosquées) appartiennent donc à Allah et non pas à x ou z. De même, les prédicateurs ou les prêcheurs ou même les politiciens n’ont pas le droit d’utiliser ce lieu pour manifester leur rivalité, pour semer la division ou faire de la propagande politique ou confessionnelle.

Les croyants sont des commerçants, cependant aucun commerce ne peut les distraire de l’invocation de Dieu. Ainsi, on voit l’harmonie entre les droits de la vie et les droits de l’au-delà. Allah l’exalté a dit : {Et n’oublie pas ta part en cette vie} Al- Qasas v.77.

Parmi les rôles que jouent la mosquée et le Jaamie’ (grande mosquée en arabe et signifie rassembleur) citons, le rassemblement des musulmans et l’organisation de leurs rangs pour faire les prières et s’entraider dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété. Ceci a pour objectif de maintenir la solidarité et la coopération entre les musulmans tout en reconnaissant le droit de chacun à la divergence mais l’essentiel appartenance devrait être enfin de compte pour l’Islam.

Parmi les grands problèmes dont souffrent les mosquées, lorsqu’elles sont exploitées comme un instrument pour approfondir la divergence au lieu de resserrer les liens islamiques inspirés du concept ” rassemblement “, ce qui élargit le vide entre les musulmans.

Et aussi, le fait d’utiliser les mosquées en tant que terrain fertile pour semer la rivalité et la haine entre les gens non pas seulement dans le monde islamique mais aussi au sein des communautés musulmanes en Europe et en Amérique, et ce par ignorance de la religion et du respect de la mosquée.

Il est important de réfléchir comment faire de la mosquée une occasion pour rapprocher les rivaux et les adversaires comme ceci s’est passé récemment à la Mecque où le Fatah et Hamas ont conclu un accord de réconciliation entre les deux parties.

Autre chose à noter, la mosquée ne constitue pas une alternative aux autres institutions, association, université, marché, tribunal ou même une maison, le prophète Mohammed (que dieu prie sur lui et le salue) a dit : (Si vous voyez quelqu’un qui vend ou fait la course dans une mosquée, dites lui : Que dieu ne te fasse pas gagner dans ton commerce, et si vous voyez celui qui y demande quelque chose perdue, dites lui : Que Dieu ne te la restitue pas).

Ainsi, la mosquée n’est pas un marché, mais son rôle essentiel réside dans l’adoration et la favorisation d’un climat propice pour accomplir l’adoration. Cela ne signifie pas que la mosquée doit rester isolée de la société et des causes sociales ou politiques, bien au contraire elle doit contribuer à tracer la politique générale des musulmans en préservant leurs droits et en défendant leurs terres et leurs propriétés.

De plus, la mosquée n’est pas un lieu pour faire une propagande personnelle ou une politique pour un parti spécifique quelque soit son appartenance ou ses tendances mais plutôt un lieu qui parraine la politique générale de tous les musulmans, par exemple pour faire face à un ennemi commun, ou pour éduquer les musulmans et pour promouvoir les valeurs islamiques ou défendre une cause comme celle de la Palestine.

La mosquée est le lieu où on ressent la miséricorde, le prophète Mohammed (qu’Allah prie sur lui et le salue) disait avant d’entrer dans la mosquée : “Oh Allah! Ouvre-moi les portes de Ta miséricorde”.

Dr. Salmaane ibn Fahd Al-’Aouda.

Le bonheur

Le concept du bonheur dans l’Islam
Le bonheur est un sentiment intérieur que l’homme perçoit entre ses flancs. Cela se matérialise par le calme de l’esprit, la sérénité et la réjouissance du cœur, la quiétude de la conscience et de l’esprit suite à la droiture du comportement apparent et caché -propulsé par la puissance de la foi.

Les preuves dans le Qur’an et la Sunna
•  Allah –l’Exalté- dit : ( Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie ) (sourate An-Nahl, verset 97)
•  Allah –l’Exalté- dit également : ( Quiconque suit Mon guide ne s’égarera ni ne sera malheureux. Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne ) (sourate Ta-Ha, versets 123-124)
•  Le Messager d’Allah –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « La richesse n’est pas dans l’abondance des biens, la richesse c’est plutôt la richesse de l’âme »

Le bonheur ne se trouve pas seulement dans le matériel
En vérité, le bonheur du point de vue de l’Islam ne se limite pas seulement à l’aspect matériel, même si les causes matérielles comptent parmi les éléments du bonheur. En effet, l’aspect matériel est un moyen et non une fin en soi ; pour cette raison, pour parvenir au bonheur, l’accent est beaucoup plus mis sur l’aspect moral en tant que conséquence d’un comportement juste.
Les références islamiques prouvent cela. On peut en citer :
•  Cette parole d’Allah –l’Exalté- : ( Et les bestiaux, Il les a créés pour vous ; vous en retirez des [vêtements] chauds ainsi que d’autres profits. Et vous en mangez aussi. Ils vous paraissent beaux quand vous les ramenez, le soir, et aussi le matin quand vous les lâchez pour le pâturage. ) (sourate An-Nahl, versets 5-6)
•  Allah –l’Exalté- dit également : ( Dis : “Qui a interdit la parure d’Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ? ” Dis : “Elles sont destinées à ceux qui ont la foi, dans cette vie, et exclusivement à eux au Jour de la Résurrection.” ) (sourate Al A’raf, verset 32)
•  Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Font partie du bonheur du fils d’Adam : la femme vertueuse, la bonne demeure et la bonne monture »
L’Islam a apporté un système complet et a établi des normes et des règlements à l’intention de l’homme pour organiser sa vie présente et celle de l’au-delà. De cette manière, il a garanti à l’homme ce qui lui concrétise tous ses intérêts de ce monde et de l’au-delà. En vérité, l’Islam est venu préserver les intérêts suprêmes représentés par la préservation de : la vie, la raison, la lignée, l’honneur et la religion. Ainsi, le bonheur du point de vue de l’Islam comporte deux niveaux :
•  Le bonheur dans la vie présente : En effet, l’Islam a prescrit des lois et clarifié des principes qui garantissent à l’homme son bonheur dans la vie présente dans la première phase de sa vie. Toutefois, il réaffirme que la vie présente n’est qu’une voie vers l’au-delà, et que la vie réelle pour laquelle il convient à l’homme de faire des efforts c’est la vie de l’au-delà. Allah –l’Exalté- dit : ( Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie ) (sourate An-Nahl, verset 97) ; ( Et recherche à travers ce qu’Allah t’a donné, la Demeure dernière. Et n’oublie pas ta part en cette vie. ) (sourate Al Qasas, verset 77) ; ( Or, la jouissance de la vie présente ne sera que peu de chose, comparée à l’au-delà ! ) (sourate At-Tawba, verset 38)
•  Le bonheur de l’au-delà : C’est le bonheur réel et éternel ; il dépend de la piété de l’individu dans sa vie terrestre. Allah –l’Exalté- dit : ( Ceux dont les Anges reprennent l’âme – alors qu’ils sont bons – [les Anges leur] disent : “Paix sur vous ! Entrez au Paradis, pour ce que vous faisiez” ) (sourate An-Nahl, verset 32) ; ( Ceux qui font les bonnes œuvres auront un bien ici-bas ; mais la demeure de l’au-delà est certes meilleure. Combien agréable sera la demeure des pieux ! ) (sourate An-Nahl, verset 30)

La vie présente n’est pas un Paradis sur terre
L’Islam a déterminé le rôle de l’homme sur terre : il y est le khalife qui s’efforce de la peupler et la construire ainsi que de concrétiser le bien de l’humanité et ses intérêts qui sont liés à la terre. Toutefois, ce peuplement et la réalisation des intérêts sont entourés par plusieurs difficultés et exigent de l’homme qu’il fournisse un effort et endure les épreuves dans cette voie. De même, la vie n’est pas toujours aisée et facile comme le veut et le souhaite l’homme. Au contraire, elle est capricieuse et c’est tantôt l’aisance, tantôt la difficulté, tantôt la bonne santé, tantôt la maladie, tantôt la pauvreté, tantôt la richesse. L’homme s’habitue à ces épreuves perpétuelles dans sa vie et réalise grâce à cela les valeurs nobles qu’on lui a ordonnées à l’instar de la patience, la fermeté de la volonté et de la décision, la confiance en Allah, le courage, l’abnégation, la bonne moralité etc. Ces qualités sont parmi les plus grandes causes de la sérénité, du bonheur et de la satisfaction ; Allah –l’Exalté- dit : ( Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : “Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons”.Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde ; et ceux-là sont les biens guidés ) (sourate Al Baqara, versets 155-157) Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Qu’est ce que le cas du croyant est merveilleux ! Toutes ses affaires ne sont que du bien ; s’il lui arrive un bien , il est reconnaissant et cela est bien pour lui ; s’il lui arrive une épreuve, il patiente et cela est bien pour lui »

Les causes du bonheur
•  La foi et la bonne œuvre : on acquiert le bonheur par le biais de la foi sous plusieurs aspects :
•  La personne qui croit en Allah –l’Exalté- uniquement sans aucun associé et lui voue une croyance complète et pure de toute défectuosité, a la tranquillité du cœur et le calme de l’esprit et n’est pas anxieux et ennuyé par la vie. Au contraire, il est satisfait de ce qu’Allah a décrété pour lui, reconnaissant pour le bien et patient face aux épreuves. La soumission du croyant à Allah –l’Exalté- le conduit à la quiétude spirituelle qui est le premier redresseur de l’homme efficient actif qui sent que la vie a un sens et un but qu’il s’efforce de réaliser ; Allah –l’Exalté- dit : ( Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelqu’iniquité (association), ceux-là ont la sécurité ; et ce sont eux les bien-guidés ) (sourate Al An’am, verset 82)
•  La foi fait de l’être humain un homme à principes s’efforçant de réaliser ces derniers. Sa vie porte donc une valeur sublime et noble qui le pousse à œuvrer et à lutter pour sa cause ; de cette manière, il s’éloigne de l’étroitesse de la vie égoïste et sa vie est au service de sa société et de sa communauté dans laquelle il vit. Lorsque l’homme vit pour lui-même, ses jours deviennent comptés et ses objectifs limités ; mais lorsqu’il vit pour l’idée qu’il porte, sa vit semble longue et belle ; elle commence là où a commencé l’humanité et continue après qu’il ait quitté la terre. Pour cette raison, sa sensation de ses jours, ses heures et ses instants se multiplie.
•  La foi n’est pas seulement une cause qui suscite le bonheur ; mais elle est aussi une cause qui repousse les entraves du bonheur. En effet, le croyant sait qu’il est éprouvé dans sa vie et que ces épreuves sont considérées comme des causes de la pratique de la foi, il se forme donc en lui les valeurs qui constituent les forces spirituelles incarnées par la patience, la résolution, la confiance en Allah, l’imploration de Son secours et Sa crainte. Ces valeurs sont parmi les plus grands moyens qui permettent d’attendre les objectifs sublimes de la vie et d’endurer ses épreuves ; Allah –l’Exalté- dit : ( Si vous souffrez, lui [le peuple ennemi] aussi souffre comme vous souffrez, tandis que vous espérez d’Allah ce qu’il n’espère pas ) (sourate An-Nissâ, verset 104)

•  L’adoption de conduites morales nobles qui le poussent à être bienfaisant envers les créatures : l’homme est un être social qui se doit de fréquenter son prochain. Il ne lui est pas possible de se passer de ce dernier et d’être indépendant dans toutes ses affaires. Si leur fréquentation est obligatoire par nature, et compte tenu du fait que les gens sont différents dans leurs particularités morales et intellectuelles, il faut donc absolument que survienne d’eux ce qui trouble la sérénité de l’individu et lui cause angoisse et tristesse. S’il ne repousse pas cela avec des qualités nobles, sa fréquentation des gens –qui est fatale- est parmi les plus grandes causes de l’indigence de sa vie, de son angoisse et de son chagrin. Pour cette raison, l’Islam a accordé une grande importance à l’aspect moral et à son éducation ; cela apparaît dans les exemples suivants :
•  Allah –l’Exalté- dit en décrivant le Messager d’Allah –paix et bénédictions d’Allah sur lui- : ( Et tu es certes, d’une moralité imminente ) (sourate Al Qalam, verset 4).
•  Allah –l’Exalté- dit également à son sujet : ( C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon (d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires ) (sourate Al Imran, verset 159)
•  Allah –l’Exalté- dit également : ( Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression ) (sourate Al Maïda, verset 2)
•  Allah –l’Exalté- dit également : ( La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n’est donné qu’à ceux qui endurent et il n’est donné qu’au possesseur d’une grâce infinie ) (sourate Foussilat, versets 34-35)
•  Le Messager d’Allah –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Je n’ai été envoyé que pour parfaire les conduites morales nobles »
•  Le Messager d’Allah –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a également dit : «  Les croyants dans leurs affections, leurs compassions et leurs sentiments réciproques forment comme un corps qui, lorsqu’un de ses membres souffre, voit tout le reste de son corps partager à l’envi son insomnie et sa fièvre. »

•  La multiplication de l’évocation d’Allah –l’Exalté- et la sensation permanente de Sa présence : la satisfaction de l’homme vis-à-vis de celui pour qui il voue une passion est fonction de ce dernier et de sa grandeur dans son esprit ; or Allah –l’Exalté- est le plus grand être pour qui le cœur se tranquillise et dont l’évocation réjouit le cœur ; parce que les délices du croyants se trouvent dans ce qui lui procure des avantages et repousse de lui ce qui est préjudiciable. Pour cette raison, l’Islam est venu avec un ensemble d’évocations qui lient le croyant à Allah –l’Exalté- avec dans toutes les situations, à chaque période et en tout lieu, lorsque survient une chose désirable ou en cas de crainte d’une chose affreuse et désagréable. Ces évocations lient le croyant à son Créateur et de cette manière, il transcende les causes pour parvenir à l’auteur de ces causes. Il n’exagère donc pas au sujet de l’effet que cela produit. Elles n’agissent sur lui que suivant une proportion qui ne trouble pas sa lucidité. De même, il ne les vénère pas au point d’outrepasser leur valeur ; elles ne sont pas plus que des causes qui n’ont aucun effet par elles-mêmes, mais leurs effets procèdent plutôt du décret d’Allah –l’Exalté-.

Parmi les références qui prouvent cela, on peut citer :
•  Allah –l’Exalté- dit : ( N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs ? ) (sourate Ar-Ra’ad, verset 28)
•  Le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a ordonné au musulman de dire quant il épouse une femme : « Ô Allah, je Te demande son bien et le bien auquel Tu l’as prédisposée ; et j’implore Ta protection contre son mal et le mal auquel Tu l’as prédisposée »
•  Il lui a aussi ordonné de dire au moment où les vents se déchaînent : « Ô Allah, je Te demande son bien, le bien de ce qui s’y trouve et le bien de ce avec quoi il est envoyé et j’implore Ta protection contre son mal, le mal de ce qui s’y trouve et le mal de ce avec quoi il est envoyé »
•  Le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit indiquant l’obligation d’apporter les causes, de demander le secours d’Allah et de ne pas s’attrister en cas d’absence des résultats désirés : « Attache-toi à ce qui t’est utile, implore le secours d’Allah et ne faiblit point. Et s’il t’arrive quelque chose, ne dis pas “si j’avais fait ceci et cela…” dis plutôt Allah a décrété et Il fait ce qu’Il veut. En effet, “si” introduit le travail du Diable »

•  Les soins de santé : La santé ici englobe tous les aspects : santé corporelle, santé de l’âme, santé cérébrale et santé spirituelle.

La santé corporelle : La santé corporelle fait partie des choses dont les gens sont enclins à s’occuper car elle est liée à l’instinct de survie. De même, elle est la voie pour concrétiser les objectifs matériels comme la nourriture, la boisson, l’habillement et la monture.
L’Islam a pris soin de l’homme et a ainsi interdit de le tuer sans raison légale, tout comme il a interdit tout ce qui est préjudiciable à son organisme et sa santé. Allah dit en effet : ( Ne tuez qu’en toute justice la vie qu’Allah a fait sacrée ) (sourate Al An’am, verset 151) ; ( (Le Prophète illettré) leur rend licites les bonnes choses et leur interdit les mauvaises ) (sourate Al A’raf, verset 157). Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « On ne doit pas causer de préjudice à son prochain (en diminuant de son droit ou de ses biens), ni subir de préjudice en retour en guise de compensation »

La santé de l’âme : Beaucoup de personnes négligent l’importance de la santé de l’âme ou bien négligent comment la soigner et la préserver, alors qu’elle est un pilier essentiel dans la réalisation du bonheur. Pour cela, l’Islam a veillé à l’éducation de l’âme noble et à sa purification à l’aide de qualités sublimes. Aussi, la plus importante chose à laquelle il s’est évertué est la formation de l’âme saine apaisée et confiante. La droiture de l’âme se fait principalement avec la foi puis l’adoption de conduites morales nobles et l’éloignement de qualités répréhensibles telles que la colère, l’orgueil, la fatuité, l’égoïsme, la convoitise de la vie terrestre, l’envie, la haine et bien d’autres qui suscitent le désarroi et l’anxiété.
Allah dit : ( Et ne tends point tes yeux vers ce dont Nous avons donné jouissance temporaire à certains groupes d’entre eux, comme décor de la vie présente, afin de les éprouver par cela. Ce qu’Allah fournit (au Paradis) est meilleur et plus durable ) (sourate Ta-Ha, verset 131)
Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Si vous vous retrouvez à trois, que deux d’entre vous ne tiennent pas des conversations secrètes en dehors du troisième jusqu’à ce que vous vous mêliez au gens car cela le chagrine »
Allah –l’Exalté- dit : ( Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que “perversion” lorsqu’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas… Ceux-là sont les injustes. Ô vous qui avez cru ! Évitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas ; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non !) Vous en aurez horreur. Et craignez Allah. Car Allah est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux ) (sourate Al Hujurat, versets 11-12)

La santé cérébrale : La raison est la cause de la responsabilisation de l’homme. Pour cela, le Législateur Sage a ordonné de la préserver et a interdit tout ce qui lui nuit ou la détruit. Parmi les choses les plus préjudiciables à la raison, il y a les boissons alcooliques et les stupéfiants ; c’est pour cette raison qu’Allah les a interdits : ( Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Écartez-vous en, afin que vous réussissiez. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimité et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin ? ) (sourate Al Maïda, versets 90-91)

La santé spirituelle : La législation a pris soin de mettre les moyens suffisants pour préserver la santé spirituelle. C’est ainsi qu’elle a exhorté le croyant à l’évocation d’Allah dans toutes les situations de même qu’elle lui a ordonné le strict minimum qui lui garantit la nutrition de l’esprit et cela en prescrivant les obligations tels que la prière, le jeûne, la zakat et le pèlerinage. Ensuite, elle lui a ouvert une grande porte par le biais des actes surérogatoires et de toutes les formes de bonnes œuvres. Ces actes d’adoration lient l’homme à son Seigneur et le ramènent vers Lui à chaque fois qu’il est emporté par les vagues de ce monde terrestre. C’est pour cela que le Messager –paix et bénédictions d’Allah sur lui- avait l’habitude de dire : « Le contentement de mon œil est mis dans la prière rituelle » ; il disait également : « Ô Bilal, délasse-nous avec la prière » . Par ailleurs, le Législateur a interdit les choses qui suscitent la maladie de l’esprit et son affaiblissement ; c’est ainsi qu’il a interdit de suivre les passions et les incertitudes ou de s’affairer dans les jouissances parce qu’elles aveuglent le cœur et font qu’il soit insouciant à l’évocation d’Allah. Pour cela, Allah a dit en décrivant les mécréants : ( Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore )  (sourate Al A’raf, verset 179) ; ( Et ceux qui mécroient jouissent et mangent comme mangent les bestiaux ; et le Feu sera leur lieu de séjour ) (sourate Muhammad, verset 12).
•  L’effort afin de garantir la quantité de bien matériel nécessaire pour le bonheur : Il est établit dans ce qui précède que l’Islam ne nie pas l’importance des causes matérielles dans la réalisation du bonheur. Toutefois, ces choses matérielles ne sont pas une condition sine qua non pour parvenir au bonheur. Ce ne sont qu’une partie de l’ensemble des moyens permettant d’y parvenir. Plusieurs références comportent cette réalité ; on peut citer par exemple cette parole d’Allah –l’Exalté- : ( Dis : “Qui a interdit la parure d’Allah, qu’Il a produite pour Ses serviteurs, ainsi que les bonnes nourritures ? ” ) (sourate Al A’raf, verset 32) Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Que la bonne fortune est excellente pour le serviteur vertueux !» ; il a également dit : « Font partie du bonheur du fils d’Adam : la femme vertueuse, la bonne demeure et la bonne monture »

L’organisation du temps : Le temps est considéré comme le capital de l’homme. C’est la période de son séjour terrestre ; pour cela, l’Islam a pris soin du temps, a fait que le musulman soit répondant de son temps et a indiqué qu’on l’interrogera au sujet du temps le Jour de la Résurrection. Les préceptes de l’Islam sont venus aider l’homme à organiser son temps et améliorer son exploitation et ce, en procédant à un équilibrage entre ses besoins corporels vitaux d’une part et ses besoins spirituels d’autre part. L’Islam a par ailleurs exhorté le musulman à l’exploitation de son temps et à le passer dans le bien et les bonnes œuvres.
Allah –l’Exalté- dit : ( Ô vous qui avez cru ! Que ni vos biens ni vos enfants ne vous distraient du rappel d’Allah. Et quiconque fait cela… alors ceux-là seront les perdants. Et dépensez de ce que Nous vous avons octroyé avant que la mort ne vienne à l’un de vous et qu’il dise alors : “Seigneur ! si seulement Tu m’accordais un court délai : je ferais l’aumône et serais parmi les gens de bien” ) (sourate Al Munafiqun, verset 9)
Le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a dit : « Il y a deux grâces à propos desquelles beaucoup de gens sont dupes : la santé et l’inoccupation » Et le Prophète –paix et bénédictions d’Allah sur lui- a exhorté à l’équilibrage en disant : « Eventez les cœurs heure après heure car lorsque le cœur est contraint, il s’aveugle »

L’Islam, La Paix et la Guerre

Le Pacifisme de l’Islam

Selon le Coran, la guerre constitue une “obligation non désirée” qui doit être absolument menée dans le respect des valeurs morales humaines, et à laquelle il ne faut recourir qu’en dernière instance.

Dans un verset, il est rapporté que ceux qui commencent les guerres, que Dieu désapprouve, sont les incroyants:

« … Toutes les fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. Et ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de désordre. » (Le Coran, 2 :64)

Un examen attentif de la vie du Prophète Muhammad montre que la guerre est un moyen de défense employé seulement dans des situations inéluctables.

La révélation du Coran à notre Prophète s’est faite en 23 années. Pendant les 13 premières années de cette période, les musulmans, alors minoritaires, ont vécu à la Mecque sous une autorité païenne. Ils firent face à de nombreuses oppressions. Nombre d’entre eux ont été harcelés, maltraités, torturés, et même assassinés, leurs maisons et leurs biens pillés. En dépit de cela, les musulmans ont mené leurs vies sans recourir à la violence et ont toujours appelé les païens à la paix.

Quand l’oppression devint insupportable, les musulmans durent émigrer à Yathrib, rebaptisée plus tard Médine, où ils purent établir dans un environnement plus paisible et libre, leur propre ordre. L’établissement de leur propre système ne les a d’ailleurs jamais incités à prendre les armes contre les païens agressifs de la Mecque. C’est seulement après la révélation suivante que le Prophète a commandé à son peuple de se préparer à la guerre:

« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) – parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir – ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient: “Allah est notre Seigneur”. » (Le Coran, 22 :39-40)

Ainsi, il a été permis aux musulmans de faire la guerre seulement parce qu’ils étaient opprimés et soumis à la violence. Autrement dit, Dieu a accordé la permission de faire la guerre uniquement à des fins défensives. Dans d’autres versets, les musulmans sont mis en garde contre le recours inutile à la provocation ou à la violence:

« Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Allah n’aime pas les transgresseurs! » (Le Coran, 2 :190)

Après les révélations de ces versets, des guerres ont eu lieu entre les musulmans et les Arabes païens. Jamais, cependant, les musulmans ne provoquèrent eux-mêmes ces conflits. Notons que notre Prophète a établi un environnement social paisible pour les musulmans en signant un accord de paix (la trêve de Hudaybiya) avec les païens dont il accepta la plupart des requêtes. Pourtant, les païens violèrent l’accord, provoquant ainsi une nouvelle guerre. Néanmoins, les conversions à l’islam se multipliant rapidement, les armées islamiques devinrent très puissantes. Le Prophète conquit alors la Mecque sans violence et dans un esprit de tolérance. S’il avait voulu, le  Prophète aurait pu se venger des leaders païens de la Mecque. Il n’en fit cependant rien. Il ne leur fit aucun mal, leur pardonna et les traita avec grande tolérance. Les païens, qui se convertiront plus tard à l’islam par leur propre volonté, ne purent qu’admirer le caractère noble du Prophète.

Les principes islamiques proclamés par Dieu dans le Coran expliquent cette politique paisible et empreinte de tempérance du Prophète Muhammad. Dans le Coran, Dieu commande aux croyants de traiter d’une manière juste et amène même ceux qui ne sont pas musulmans:

« Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. » (Le Coran, 60 :8-9)

Les versets ci-dessus indiquent l’attitude d’un musulman à l’égard des non-musulmans. Il doit traiter gentiment tous les non-musulmans et s’abstenir de se lier d’amitié avec seulement ceux qui montrent une attitude hostile envers l’islam. Au cas où cette hostilité causerait des attaques violentes menaçant l’existence des musulmans, à savoir une guerre contre eux, alors les musulmans doivent répondre justement en considérant les dimensions humaines de la situation. L’islam interdit toutes les formes de barbarisme, d’actes de violence gratuite et d’agressions injustes. Dans un autre verset, Dieu avertit les musulmans et rappelle que la rage éprouvée à l’égard des ennemis ne doit pas les amener à l’injustice:

« Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injuste. Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (Le Coran, 5 : 8)

La signification de la notion de “djihad”

Le concept de “djihad” mérite d’être clarifié, eu égard au thème de cet article.

La signification exacte de “djihad” est “l’effort”. Autrement dit, en Islam, “accomplir le djihad” veut dire “faire des efforts, lutter”. Notre Prophète a expliqué que le plus grand djihad est celui “qu’une personne effectue contre soi-même”. Ce que l’on entend ici par “soi-même” ce sont les désirs et les ambitions égoïstes de chacun. Lutter intellectuellement contre des vues antireligieuses et athées est également une forme de djihad, au sens fort du terme.

Hormis ces significations idéologiques et spirituelles, la lutte dans le sens technique – la lutte armée – est également considérée comme un “djihad”. Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, cette lutte ne doit être menée qu’à des fins défensives. L’utilisation du concept de “djihad” pour des actes d’agression contre des innocents, en somme la terreur, est une grande déformation et une injustice.

La miséricorde, la tolérance et l’humanisme selon l’islam

La “doctrine politique islamique” (c’est-à-dire, les principes et décrets islamiques sur des sujets politiques) est au plus haut point pacifique et modérée. Nombre d’historiens et de théologiens non-musulmans le confirment. L’historienne britannique, Karen Armstrong, ancienne nonne et célèbre experte en l’histoire d’Orient, fait le commentaire suivant, dans son livre Holy War (La guerre sainte), qui traite de l’histoire des trois grandes religions:

… Le mot l’islam vient de la même racine arabe que le mot la paix et le Coran réprouve la guerre comme un événement anormal contraire à la volonté de Dieu: “Toutes les fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. Et ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors qu’Allah n’aime pas les semeurs de désordre.” (Le Coran, sourate al-Ma’ida, verset 64) L’islam ne justifie pas la guerre ou l’extermination agressives, comme la Torah fait dans les cinq premiers livres de la Bible. Religion plus réaliste que le christianisme, l’islam déclare que la guerre est inévitable et parfois une obligation positive pour mettre fin aux oppressions et à la souffrance. Le Coran enseigne que la guerre doit être limitée et conduite de la façon la plus humaine possible. Mohammed a dû combattre non seulement les habitants de la Mecque mais également les tribus juives de la région et des tribus chrétiennes en Syrie qui alliées aux juifs planifiaient une attaque contre lui. Pourtant ceci n’a pas poussé Mohammed à dénoncer les gens du livre. Ses musulmans ont été forcés de se défendre mais ils n’ont pas livré une guerre sainte contre la religion de leurs ennemis. Quand Mohammed a envoyé Zaid contre les chrétiens à la tête d’une armée musulmane, il leur a dit de combattre pour la cause de Dieu bravement mais d’une manière humaine. Ils ne devaient pas molester les prêtres, ni les moines, ni les nonnes, ni les personnes faibles et impuissantes qui ne pouvaient pas combattre. Il ne devait y avoir aucun massacre des civils. Les musulmans ne devaient abattre aucun arbre ni démolir un seul bâtiment. C’était très différent des guerres de Josué.

Après la mort de notre Prophète, les musulmans ont continué à traiter les adeptes des autres religions avec tolérance et respect. Les Etats islamiques sont devenus la maison sûre et libre des juifs et des chrétiens. Après la conquête de Jérusalem, Omar soulagea les chrétiens qui craignaient d’être massacrés en leur expliquant qu’ils étaient en sûreté. Il visita même leurs églises et déclara qu’ils pourraient continuer à pratiquer leur culte librement.

En 1099, quatre siècles après la conquête de Jérusalem par les musulmans, la ville fut envahie par les Croisés, qui passèrent tous les habitants musulmans au fil de l’épée. Pourtant, allant à l’encontre de ce que craignaient les chrétiens, Saladin, le général musulman qui s’empara de Jérusalem en 1187, ne fit de mal à aucun civil et défendit à ses soldats le pillage. D’ailleurs, il permit aux citoyens chrétiens de prendre tous leurs biens et de quitter la ville en sécurité.

Les périodes du règne des Turcs Seljukides et de l’Empire ottoman ont été également marquées par la tolérance et la justice de l’islam. Comme chacun le sait, les juifs, expulsés de l’Espagne catholique, trouvèrent la paix qu’ils ont recherchée sur les terres de l’Empire ottoman, où ils se sont réfugiés en 1492. Sultan Mehmed, le conquérant d’Istanbul, a également donné aux juifs et aux chrétiens leur liberté religieuse. Concernant les pratiques tolérantes et justes des musulmans, l’historien A. Miquel dit:

Les chrétiens ont été gouvernés par un Etat très bien géré, qui était quelque chose qui n’existait pas dans l’empire byzantin ou dans la souveraineté latine. Ils n’ont jamais été soumis à une oppression systématisée. Au contraire, l’empire, et tout d’abord Istanbul, est devenu un refuge pour les juifs espagnols torturés. Ils n’ont jamais été forcés à accepter l’islam.

John L. Esposito, professeur de religion et de politique internationale à l’Université de Georgetown, fait un commentaire similaire:

Pour plusieurs populations non-musulmanes dans les territoires byzantins et persans déjà soumises aux gouverneurs étrangers, le règne islamique a signifié un changement de gouverneurs, les nouveaux étant souvent plus souples et plus tolérants, plutôt qu’une perte de l’indépendance. Plusieurs de ces populations ont même joui d’une plus grande autonomie locale et ont souvent payé des impôts inférieurs… En ce qui concerne la religion, l’islam s’est montré plus tolérant, accordant une plus grande liberté religieuse aux juifs et aux chrétiens indigènes.

Tel qu’il est ainsi clairement noté, l’Histoire n’a jamais témoigné contre les musulmans “faiseurs de turpitude”. Au contraire, ces derniers ont apporté la sécurité et la paix aux gens de toutes les nations, de toutes les croyances, vivant dans le grand territoire sur lequel ils ont régné.

En bref, la compassion, la paix et la tolérance constituent les valeurs morales principales du Coran et l’islam vise à supprimer la turpitude de la surface de la terre. Les commandements du Coran et les pratiques des musulmans à travers l’Histoire sont très clairs, et ne laissent de fait planer aucun doute.

Islam et concept racial

L’humanité est à la veille d’atteindre son âge de quarante ans et son esprit majeur rejette l’une après l’autre ses anciennes conceptions intuitives et nébuleuses des choses. Nous sommes à l’ère de la cristallisation de la vérité et seuls les points d’intersection des mille lignes de la pensée humaine résistent au vieillissement et à la désuétude.

Parmi ces concepts millénaires, le mot «race» s’inscrit en lettres de sang, de haine et de feu et sa seule évocation nous montre la face hideuse de la ségrégation et du génocide.
Essayons d’analyser cette entité qui nous divise aujourd’hui, mais qui pourrait bien nous unir un jour.
Qu’est-ce que la race et quels sont ses facteurs déterminants ou ses origines ? Il est de toute évidence, même pour le plus obstiné des athées et des matérialistes, que tous les hommes descendent d’un seul et même père et d’une seule et même mère et si cette affirmation n’est pas scientifiquement démontrable, la loi des nombres et la logique tout court nous obligent à faire partir toute somme de l’unité et c’est seulement le passage du néant à l’unité qui ressort de la métaphysique. Donc, étant tous d’un seul père et d’une seule mère, comment expliquer ces différences de couleur, de langue, de volume crânien et d’angle facial ? Comment en expliquer les causes et la finalité ? Parmi les milles merveilles de la nature, il en est une, en effet, qui retient si peu notre attention mais qui est pourtant vraiment bouleversante.

Comment peut-on réaliser plus d’un milliard de spécimens d’un même prototype, sans qu’un seul de ces spécimens ne se retrouve exactement en double ?
Quelle que puisse être la ressemblance entre deux êtres humains, il y aura toujours moyen de les différencier, ne serait-ce que par leurs empreintes digitales ou par leurs voix.
C’est que l’homme, depuis son existence embryonnaire, est sensible à tous les facteurs physiques, biologiques et autres qui l’entourent et la moindre différence d’ambiance marque, au bout de quelques générations, telles ou telles de ses caractéristiques anthropomorphiques.

Or, la sphéricité même de la terre est un facteur essentiel de différenciation, car aucun point n’y est semblable à l’autre, de part ses coordonnées, son angle d’insolation, son intensité d’éclairage, son climat, son altitude etc…
En plus de ces différences géographiques, il y a l’effet certain des événements historiques qui contribuent, eux aussi, à différencier les hommes. Ainsi donc, la race n’est en somme qu’une forme déterminée prise par l’espèce, afin de s’adapter le mieux possible à l’environnement et aux circonstances et c’est sa forme la plus viable par rapport à son temps et à son milieu. Étant donné que chaque homme pris à part a un besoin plus ou moins grand de tout ce que produisent toutes les régions de notre planète et étant donné que chaque race s’est adaptée à un climat et à des conditions de vie qui varient énormément du pôle à l’équateur, cette différenciation des hommes n’est qu’une véritable spécialisation leur permettant de tirer le maximum de profit de la terre et c’est, en même temps, une raison pour eux de se rendre visite et de se connaître afin d’échanger leurs produits et leurs idées.

C’est là le sens du verset 13 du chapitre 49 du Coran -
«O Humains ! Nous vous avons créés à partir d’un mâle et d’une femelle et Nous vous avons répartis en peuples et tribus, afin que vous vous connaissiez entre vous».
Mais cette complémentarité organique peut aussi bien se faire, en toute justice et humanité, comme il peut se réaliser par la spoliation et la loi du plus fort. Cela partage le monde en zones d’influence, c’est à dire en chasses gardées pour lesquelles les plus forts s’entre-tuent et tuent les plus faibles.
Dans le premier cas, c’est le règne de la raison et de l’amour, notions auxquelles les hommes semblent ne plus croire depuis bien longtemps.
Dans le second cas c’est le règne de la violence, du cynisme et de cruauté la plus bestiale.
Quel est donc ce précieux catalyseur qui peut faire de notre diversité une source de fraternité plutôt qu’une source de haine ?

Quelle force morale est à même de nous faire aimer la justice, mépriser l’égoïsme et l’ethnocentrisme ?
Quel est le frein capable d’éteindre en nous cette soif ardente qui nous pousse à accumuler les biens de ce monde, bien au-delà de nos besoins réels, dans un seul but de domination et d’orgueil ?
Cela ne peut être qu’un véritable déplacement d’idéal qui sort ainsi des limites étroites de notre terre, pour s’accrocher à un monde bien plus vaste et bien plus réel où personne ne se trouve plus à l’étroit.

Quelle est cette éthique qui nous redonne notre véritable dimension et qui redonne à chaque chose la sienne ?
Cela ne peut être que le fait d’un homme supérieur qui s’est réellement élevé au-dessus du niveau des fauves et des carnassiers. Quand les animaux se dévorent entre eux, ils respectent du moins une loi précise de l’équilibre biologique ou écologique, et très rares sont les bêtes qui tuent au delà de leur faim. Un lion repu voit se poser sur lui des oiseaux sans leur opposer la moindre riposte agressive et regarde impassiblement les autres animaux moins forts que lui se rassasier de ses restes.

Mais, quand l’homme est dominé par sa bestialité, il ne pense plus qu’à éliminer les autres et à les détruire pour accumuler toujours davantage.
Qu’est-ce donc qui peut libérer notre esprit de cette carcasse de chair et de passions, de désirs et de haine ? Ce ne peut être qu’une vue panoramique de tout cet univers, à partir d’un point dominant.

C’est là la raison d’être de toutes ces religions révélées qui se sont succédées et dont chacune a complété la précédente ou l’a purifiée des déformations et des fausses croyances que lui a collées l’ignorance ou la mauvaise foi des hommes.

Le plus grand rôle de la religion a été de briser les limites de la matière et de libérer ainsi notre esprit qu’aucune matière ne saurait contenir ou satisfaire. On dirait que notre esprit n’appartient pas à ce monde et qu’il a la nostalgie de quelque chose qui ne peut venir que d’ailleurs. C’est ce qui explique notre ennui de toute chose et notre ambition jamais assouvie. Les gens aveugles et au coeur pétrifié par l’orgueil cherchent on vain à combler le vide infiniment profond de leur âme par les masses bien limitées de la matière. Ne pouvant trouver un ciel assez vaste pour leur âme vagabonde, ils croient le trouver dans l’ivresse du vin et de l’escalade, car l’ivresse est un besoin de l’âme et celui qui n’éprouve pas ce besoin est un homme sans âme. Mais celui qui cherche son ivresse ailleurs que dans l’amour de Dieu est comme celui qui fait un grand plongeon dans une boîte à sardine. L’homme s’est accroché à la couleur de sa peau, au nom de ses ancêtres ou à sa simple puissance, pour se prétendre supérieur aux autres, donc plus digne qu’eux des biens de ce monde. Même quand la religion est venue, il l’a déformée de sorte à en faire un prétexte pour dominer les autres et pour les asservir.
Or, la vraie religion nous enseigne que tout cet univers n’est que la propriété de Dieu, que les biens de Dieu sont inépuisables et qu’il est à même d’en donner tant qu’il veut, à qui il veut et quand il veut, de même qu’il peut aussi les reprendre. Elle nous rappelle que ce monde n’est qu’une voie de passage et d’épreuve où nous ne sommes que des exilés pour une période heureusement bien courte par rapport à l’éternité qui nous attend.
Elle nous dit que tous les hommes sont frères et que tous les êtres vivants méritent notre amour et notre compassion.

Seule notre piété sincère nous permet de nous surclasser les uns les autres et cette même piété nous interdit, en même temps, tout égoïsme et tout orgueil.
Avec la religion, tout concept de race ou de tribu s’estompe devant la fraternité en Dieu. Tous les croyants se voient orientés vers une seule et même direction et l’harmonie de leurs sentiments et de leurs pensées les verse dans un même moule quelle que soit leur race ou leur couleur. Il n’est guère difficile de reconnaître un Musulman noir, blanc ou jaune à sa façon de parler et de réagir et à cette multitude de signes caractéristiques qui se dégagent de toute sa personne. On est tellement trompé par ce cachet commun à tous les Musulmans qu’on dit qu’ils sont tous des Arabes, de même que nous disons, chez nous, à propos des Chrétiens qu’ils sont tous des Romains («Roumi»).

N’est-il pas vrai que cette classification des hommes, à partir de leur couleur, de la forme de leur crâne ou de tout autre signe façonné à leur insu par la main du temps et de l’ambiance, est des plus arbitraires car, notre préjugé mis à part, en quoi un blanc , un noir ou un jaune est-il supérieur à un autre, alors que dans chaque race, il y a des saints comme il y a des crapules ? N’est-ce point là plutôt une manière instinctive et bestiale de diviser les hommes et de partager le monde ? Car, tous les hommes ont la même âme, le même esprit, les mêmes besoins, la même sensibilité au bien et au mal. Il arrive même que la même découverte scientifique se fasse à peu près en même temps dans plusieurs points du monde et la logique n’est-elle pas la chose la mieux partagée ?

Ainsi, ne pouvant transformer un noir en un blanc ou un blanc en un jaune (et pourquoi faire d‘ailleurs ?) , nous pouvons, par contre, très bien les unir tous dans une seule et même conception des choses et nous pouvons, à force de courage, de sagesse et de bonne volonté nous accorder tous sur une seule et même vérité qui nous est venue du Ciel et que notre seule intelligence ne saurait découvrir alors qu’elle peut très bien l’apprécier. Il est remarquable de voir avec quel naturel le Coran semble confondre les idées de nation («millat») et de religion («din»)

- «Qui donc trouve mieux que la nationalité abrahamique s’il ne s’accuse lui-même de faiblesse mentale ?» – (Chap. 2 verset 130) – «Qui a une meilleure religion que celui qui a abandonné sa direction à Dieu tout en agissant dans le bien et a suivi la nation d’Abraham loin de toute idolâtrie ?». (Chap. IV verset 125) -
- «J’ai abandonné la nationalité d’un peuple qui ne croit pas en Dieu et qui renie l’autre monde». (Chap. XII verset 37) On pourrait citer beaucoup d’autres versets, dans ce sens qui montrent que la foi et la nationalité ou la race sont confondues dans un même concept dans la terminologie coranique. C’est qu’une telle différenciation des hommes est la seule digne d’un être doué de l’esprit pour la simple raison qu’elle ne se base que sur cet esprit lui-même. N’est-il pas vrai que l’amour le plus solide et le plus durable est celui qui nous fait aimer les mêmes choses et qui fait que chacun de nous peut être certain de la réaction de l’autre devant n’importe quelle situation, car elle sera toujours identique à la sienne ?

Quand l’un des plus éminents Compagnons du Prophète (Abou Dhar) traita, dans un moment de colère, cet autre éminent Compagnon (BilaI) de «fils de négresse», le Prophète, révolté par cette inspiration du racisme, cria à Abou Dhar qu’il avait toujours en son coeur un reste de son idolâtrie. Abou Dhar (r) confondu et terrorisé par une telle remarque, se jeta à terre et, mettant sa joue contre le sol, jura par Dieu qu’il ne se relèverait pas tant que «le fils de la négresse» n’aurait pas posé son pied sur la face «du fils de la blanche» afin que le fils de la blanche se blanchisse enfin le coeur de toute sa noirceur.

Et quand le noble et malheureux sultan Abdul-Hamid voulut mais un peu tard, sauver le Califat et l’unité de l’Islam, il interdit à tous ses sujets de se dire turcs, arabes, kurdes ou berbères, mais ils répondaient tous sans hésiter à qui leur demandait leur nationalité : – «Je suis musulman et j’en rends grâce à Dieu»

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